« La licorne, l’étoile et la lune » DE Lamarche-Ovize, nouvelle exposition temporaire du musée de la chasse et de la nature

Sous l’égide de la Fondation François Sommer,  le musée de la Chasse et de la Nature a inauguré hier soir sa nouvelle exposition automne-hiver : « La licorne, l’étoile et la lune » du duo Florentine & Alexandre Lamarche-Ovize. Leur univers, nourri de références littéraires, d’images populaires et de motifs décoratifs, assume l’hétérogénéité comme principe créatif. Héritiers du mouvement anglais « Arts & Crafts », né à la fin du XIXᵉ siècle et prônant le retour à l’artisanat et l’unité entre beaux-arts et arts décoratifs, ils s’inscrivent aussi dans la lignée française de « L’Art dans Tout » (vers 1900), qui abolissait les hiérarchies entre art et artisanat avec l’ambition d’embellir la vie quotidienne. A découvrir du 14 octobre 205 au 8 mars 2026.

Installés à Bobigny, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize collaborent ensemble depuis 2006. Ils développent une pratique où le dessin, la céramique, le textile et l’objet se combinent dans un esprit de collage. Les deux artistes brouillent volontairement la limite entre art et artisanat. Leur univers sʼétend des carnets de croquis aux papiers peints, fresques et sculptures. Riche en motifs, en couleurs et en matières, leur oeuvre revendique un dessin libéré des codes académiques.

Leur présence au sein du Musée relevait de l’évidence. Fréquentant depuis longtemps ce lieu qu’ils considèrent comme une source d’inspiration, ils y trouvent un terrain naturel pour leur travail. Leurs œuvres dialoguent étroitement avec les collections permanentes du Musée, qu’ils citent et réinterprètent.

Photo : L. Al-Gubory
@Lamarche-Ovize, ADAGP, Paris 2025 / Photo : M. Domage

Le titre La licorne, l’étoile et la lune a pour vocation d’évoquer l’univers du conte ou du grimoire médiéval. Il condense des thèmes chers au duo : la licorne, créature fabuleuse entre mythe et réalité ; l’étoile, qui rappelle notre lien au cosmos et à l’infini ; et la lune, astre familier qui rythme les cycles de la nature et du vivant. Entre oeuvres inédites créées pour l’exposition, emprunts et pièces emblématiques de leur parcours, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize jouent avec les thématiques du Musée. Largement inspirés par lʼépoque médiévale et notamment par le Bestiaire dʼamour, oeuvre de Richard de Fournival rédigée vers 1245, les artistes tissent des récits qui interrogent notre lien aux autres espèces. Comment construire des relations dʼaltérité fondées sur le respect, lʼentraide et lʼaffection ?

"Une exposition, cʼest toujours une forme de présage, une projection, une tentative dʼétablir des liens — ici, une narration. La licorne, cʼest une créature mythique, mais à lʼorigine, sa corne vient du narval. Elle est associée au cheval, lʼun des premiers compagnons de lʼhumain. On oscille entre mythe, outil et compagnon. La lune, elle, cʼest un élément fondamental dans les cultures paysannes, dans la biodynamie, dans les cycles agricoles. Elle structure le vivant. Quant à lʼétoile, cʼest une construction fictive, une figure imaginaire — mais on est faits dʼétoiles ! Cʼest aussi de la chimie. Cʼest beau de se dire quʼon est plus composés dʼétoiles que le soleil lui-même."
Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize​
@Lamarche-Ovize, ADAGP, Paris 2025 / Photo : M. Domage
Photo : L. Al-Gubory

L'exposition en 6 points clés :

  1. Un espace à habiter : Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize transforment la salle temporaire en un environnement immersif, à mi-chemin entre maison et forêt, où le visiteur est invité à déambuler, à « habiter » lʼexposition.
  2. Un dialogue avec le musée : lʼexposition prolonge la muséographie singulière du Musée de la Chasse et de la Nature, en jouant avec le mobilier, les tapisseries, les trophées, pour créer une maison-forêt où humains et animaux cohabitent.
  3. Un bestiaire poétique et critique : inspirés par le bestiaire médiéval, les artistes réinventent cerfs, chouettes, paons ou sangliers comme créatures hybrides, symboliques et fabuleuses, interrogeant notre relation aux autres espèces.
  4. Des rapports de pouvoir revisités : la figure de la sorcière, archétype féminin lié à la nature et aux savoirs interdits, sert de contrepoint critique
    aux représentations traditionnelles du pouvoir, de la chasse et de la domestication.
  5. Entre art et artisanat : les artistes brouillent les frontières entre oeuvre dʼart et objet décoratif : tapisseries, céramiques, paravents,
    luminaires et gouaches sont autant de supports pour un dessin libre, exubérant et narratif.
  6. Un parcours inédit : plus de 70 œuvres dont plus de la moitié inédites investissent non seulement la salle d’exposition, mais aussi le parcours permanent du musée, créant une continuité entre le décor existant et l’univers des artistes.
@Lamarche-Ovize, ADAGP, Paris 2025 / Photo : M. Domage

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