Disparition de Robert Poujade, à jamais premier ministre de l’Environnement

Figure du gaullisme, premier ministre de la Protection de la nature et de l’Environnement de 1971 à 1974, Robert Poujade est décédé mercredi 8 avril à l’âge de 91 ans, sans lien avec le coronavirus, a indiqué mardi à l’Agence France-Presse son fils, Bernard. En 2012, nous l’avions rencontré à son domicile parisien pour l’interroger sur les liens qu’il avait noués avec François Sommer, lors de la rédaction de la biographie de notre fondateur. (1)

La Fondation François Sommer adresse à sa famille et à ses proches ses condoléances sincères et attristées.

Né en 1928 à Moulins, dans l’Allier, professeur agrégé de lettres, Robert Poujade s’est engagé en politique, dans le mouvement gaulliste, dès l’âge de 18 ans, successivement à l’UNR, à l’UDR, puis au RPR. La protection de l’environnement l’a intéressé très tôt : il est membre dans les années 60 de la Ligue urbaine et rurale et de la Ligue contre le bruit. Président du Haut comité de l’environnement créé en 1970 sous l’égide de la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale), il est nommé en janvier 1971 ministre de la Protection de la nature et de l’environnement par le Premier ministre de l’époque, Jacques Chaban-Delmas. Mais l’idée de la création de ce ministère est bien de Georges Pompidou, Président de la République qui, dix mois plus tôt, en visite officielle aux Etats-Unis, avait prononcé le fameux « Discours de Chicago », traduisant la prise de conscience de la classe politique sur les questions environnementales. Durant plus de 3 ans, dans les gouvernements de Jacques Chaban Delmas puis de Pierre Messmer, Pierre Poujade s’attelle avec peu de moyens mais une grande habileté, aux grands problèmes sociétaux que sont la pollution de l’eau, la pollution de l’air, les pollutions industrielles, la lutte contre le bruit, la protection du littoral contre la bétonisation. En 2012, à son domicile parisien, il nous avait raconté comment il avait fait appel à François Sommer qu’il qualifiait dans son livre, Le ministère de l’impossible (2) de plus dynamique et sûrement un des plus lucides théoriciens et praticiens du renouveau cynégétique des vingt dernières années. « Je lui ai demandé, nous a-t-il confié, beaucoup de conseils pour la préparation des textes sur l’environnement et pour la création du Conseil supérieur de la chasse. Ses avis étaient toujours précis et circonstanciés. ». Après avoir quitté le gouvernement, Robert Poujade a été entre autres président du Conservatoire du Littoral (à compter de 1976). Il est surtout resté très populaire à Dijon dont il a été le maire sans interruption de 1971 à 2001. (3)

(1) François Chemel, François Sommer, un temps d’avance, Buchet Chastel, 2013

(2) Robert Poujade, Le Ministère de l’impossible, Calmann-Lévy, 1975

(3) Il a été aussi été député de la Côte d’Or de 1967 à 1971, de 1978 à 1981 et de 1986 à 2002.

Légende et crédit photo :  Gouvernement Messmer II, 1973. Robert Poujade est au centre de l’image, à gauche de Jacques Chirac (Wikimedia Commons / Sud-Ouest.fr)

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