Évaluation et valorisation des services rendus par la biodiversité en systèmes de grandes cultures

Contexte

Alors que l’utilisation des pesticides persiste à augmenter, que la biodiversité des milieux agricoles s’effondre, la profession agricole et les scientifiques s’inquiètent de la stagnation voire de la diminution des rendements en grandes cultures. De leur côté, les agriculteurs rencontrent des pressions croissantes de ravageurs sur certaines cultures et sont confrontés à la perte d’efficacité des produits phytosanitaires. En zone de plaine céréalière, les bordures de champs représentent souvent l’unique refuge pour la faune et la flore et ont donc une place stratégique dans le maintien de cette biodiversité et des services qu’elle rend. L’émergence d’une agriculture multifonctionnelle pourvoyeuse et reposant sur une diversité de services écosystémiques nécessite la mise en oeuvre de combinaisons originales de leviers agroécologiques à différentes échelles.

La biodiversité gérée par l’agriculteur à l’échelle locale, via des aménagements écologiques (bandes fleuries et redécoupage de parcelle) et des systèmes de culture reposant sur de moindres perturbations (agriculture biologique, intégrée, de conservation), apparaissent comme des leviers mobilisables par les agriculteurs. Cependant, la plupart des travaux passés ont étudié les effets de ces leviers sur un nombre restreint de services, sans considérer leurs interactions.

Objectifs

Ce projet s’intéresse aux aménagements écologiques (bande fleurie et redécoupage de parcelles), insérés en cohérence avec des systèmes de culture valorisant la biodiversité, on parle d’agriculture de conservation et d’agriculture biologique. Les objectifs du projet sont (1) d’évaluer quantitativement les effets de ces aménagements sur les auxiliaires des cultures (insectes, oiseaux, petits mammifères bénéfiques aux cultures), sur la régulation biologique des ravageurs, et sur la conservation des pollinisateurs et de vertébrés typiques de plaines agricoles. (2) d’encourager le développement de ces aménagements sur le territoire en mobilisant la profession et l’enseignement agricoles ainsi que les porteurs d’enjeux tels que chasseurs, naturalistes et apiculteurs. À travers des actions de communication et des ateliers de partage de connaissance, nous souhaitons rendre visible les interdépendances entre acteurs et montrer que l’on peut concilier des enjeux liés à l’agriculture et à la biodiversité.

Le projet

La réalisation du projet, reposera sur un réseau de 27 agriculteurs pionniers, chez lesquels seront évalués expérimentalement les effets d’aménagements écologiques insérés dans des systèmes de culture valorisant la biodiversité (agriculture biologique, intégrée et de conservation) sur une diversité de taxons et sur les services rendus. La profession et l’enseignement agricole seront impliqués dans cette démarche via la réalisation d’ateliers de conception et de gestion de bandes fleuries multifonctionnelles, afin de favoriser leur appropriation par les acteurs de l’agriculture. À des fins de valorisation, de diffusion et d’extension, seront organisés des actions d’enseignement, de communication et de démonstration pour déployer plus largement les aménagements écologiques et les systèmes de culture favorables à la biodiversité au-delà du réseau d’agriculteurs-expérimentateurs étudié.

Structure porteuse et partenaires

Ce projet est porté par l’unité mixte de recherche « Agronomie » de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) en partenariat avec l’Association Hommes et Territoires, l’unité mixte de recherche « Ecologie, Systématique, Evolution » de l’Université Paris Sud, Orsay), l’ONCFS, les agriculteurs partenaires, l’association APAD pour une agriculture durable, l’association Terres d’Yvelines, les chambres régionales et départementales d’agriculture des régions Centre Val de Loire et d’Ile de France, la fédération des chasseurs de l’Eure et Loir et le lycée agricole de Chartres la Saussaye.

Partenaire