Colloque « Salle bêtes ! Mauvaises herbes ! Nuisibles, une notion en débat » 31 janvier – 1 février 2017 – Paris

Depuis plus d’un siècle, la notion de « nuisible » fait l’objet d’une contestation de plus en plus vive. Pourtant celle-ci connaît une singulière persistance sociale car « nuisible » n’est pas seulement un qualificatif que l’homme choisit d’appliquer à telle ou telle espèce, mais bien un concept opérationnel qui lui donne une certaine légitimité pour la gérer et, souvent, la détruire.

À l’heure où la France vient d’adopter la loi sur la reconquête de la biodiversité, la question des « nuisibles » reprend une singulière acuité avec la multiplication et l’expansion de nouvelles espèces exotiques envahissantes, telles que le moustique tigre (Aedes albopictus), potentiel vecteur du virus Zika, transmissible à l’homme, le frelon asiatique (Vespa velutina), destructeur de ruches, l’écureuil gris (Sciusrus carolinensis), qui pourrait s’implanter au détriment de l’écureuil roux (Sciurus vulgaris) ou encore l’ambroisie (Ambrosia artemisiifolia), plante fortement allergisante. Il faut aussi relever les vives controverses qui demeurent au sujet de la cohabitation du loup et de l’élevage, et les critiques qui sont de plus en plus documentées sur les risques, pour la santé, de l’utilisation des insecticides pour lutter contre les insectes ravageurs et l’emploi des herbicides. Si la notion de « nuisible » demeure centrale dans la gestion du sauvage par nos sociétés, elle s’avère très variable selon l’époque, l’espèce, le territoire ou le groupe social considéré.

Pulvinar dapibus leo

Afin de dresser un état de la recherche, d’historiciser cette notion et d’éclairer les enjeux actuels, le colloque se propose de croiser les regards afin de caractériser les différentes conceptions de la notion de « nuisible » qui coexistent actuellement et d’en retracer les origines, tout en s’ouvrant aux acteurs du présent. Il entend ainsi contribuer à éclairer les relations et les interactions entre les sociétés et la nature, et permettre de mieux saisir leurs coévolutions.